Dimanche 26 février 2006
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21:36
Dernière soirée en Israël. Les vêtements pliés et bien rangés dans les valises ne sont plus qu'un lointain souvenir. Les bonnes résolutions au niveau des heures de sommeil aussi. Pour les filles, le fond de teint tourne à plein régime pour masquer les stigmates de la fatigue. Les garçons eux, ronflent haut et fort dans le bus, bouche ouverte, vautrés sur les épaules les uns des autres.
Mais, infatigables, dans la douce tiédeur israélienne, ils remettent ça. Les derniers shekels (parenthèse économique : un shekel vaut environ 0,15 euros, les billets ressemblent à des billets de Monopoly imprimés avec une imprimante baveuse) vont être engloutis en quelques heures.
Le point sur la situation avec les survivants, demain matin, 8h00 dans le bus, en direct sur votre blog préféré! (enfin presque...)
Par lequipe
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Dimanche 26 février 2006
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21:16
Au départ, ce devaient être trois heures interminables d'une toute dernière conférence avant notre dernière nuit en Israel. Au départ, Ivan Levaï (France Inter) et ses acolytes journalistes devaient disserter et élucubrer pendant trois heures sur l'image d'Israel dans les médias français depuis l'an 2000 (et début de la seconde Intifada).
Mais, au final, ce purgatoire nous laisse un goût très bizarre au fond de la gorge. Comme si la pillule était beaucoup trop amère à passer. Car au lieu du public docile attendu, nous avons assisté à une révolte du troisième âge israélien, beaucoup plus vindicatif que son homologue français. Bordée de jurons à chaque réflexion un peu modérée, des "on n'entend rien" à n'en plus finir, des minutes de silence refusées à tout va, de quoi animer un peu cette épreuve.
Les jeux du cirque avaient donc déserté Rome pour les arènes de l'amphithéâtre de Tel Aviv, et pour une fois, les fauves tapissaient les gradins. Difficile donc d'émettre un message modéré et d'espoir comme se sont employés à le faire les quelques journalistes présents, complètement débordés par le public qui s'arrachait le micro et les places assises. Sachant qu'une dizaine d'excités tambourinaient à la porte pour se faufiler dans la salle, rendant difficile les allées et venues.
Bilan de la conférence....? Très honnêtement, une image un peu moins parfaite de la société israélienne telle que nous l'avions découverte pendant la semaine. On se demande même si le compromis sera possible un jour...
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Dimanche 26 février 2006
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21:05
Imaginez votre grand père qui vous raconte une histoire au coin du feu, l'histoire de sa vie. Pour Ali Yuhye, ancien ambassadeur d'Israël en Scandinavie, cette histoire est celle d'un israélien arabe, membre d'une minorité de son pays. Il atteint néanmoins de très hautes fonctions durant sa carrière, et travaille aujourd'hui pour le ministère des affaires étrangères notamment sur les dossiers concernant le processus de paix. Avec force gestes et moult mimiques,
il a su réveiller un auditoire passablement amorphe après la prestation des militaires. Un côté théâtral que n'aurait pas renié Michel Strulovici, éminent enseignant de l'école resté à Paris.
L'histoire du conflit israélien revisitée par un regard différent, une approche très modérée du problème de par sa double appartenance. Et pour lui, être modéré est un vrai choix. "C'est beaucoup plus difficile d'être modéré qu'extrémiste. Si vous avez mal à la tête, l'extrémiste vous coupera la tête alors que le modéré vous donnera des médicaments. Être modéré c'est l'art du compromis". Et pour lui, la solution passe par des négociations.
Un point de vue hélas trop peu partagé dans sa communauté.
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Dimanche 26 février 2006
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20:49
Le dimanche est synonyme de week end presque partout dans le monde... et justement pas en Israel... où le sabbat tombe chacun sait le samedi! Pour commencer notre avant-dernière journée sur la Terre Sainte, visite d'une base navale qui démarre sous les plus mauvais auspices, "qui ne casse pas trop pattes à un canard" pour reprendre une expression en vogue à l'école... Le ciel est gris, les militaires peu coopératifs, les photos interdites et les bateaux plus proches d'un chalutier français que du Clémenceau (est ce un mal d'ailleurs?). Donc en gros, nous nous intéressons à l'armée la moins utile d'Israël en n'ayant le droit de ne rien filmer ni voir. Tout ça pour vous dire que mis à part le physique des officiers présents à une conférence de presse des plus soporifiques, nous serions volontiers restés dans nos lits douillets dont la direction s'était fait un malin plaisir de nous tirer à 6h30...
Veuillez donc excuser l'absence de photos pour une raison indépendante de notre volonté...
Par lequipe
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Dimanche 26 février 2006
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20:26
Comme si nous n’avions pas suffisamment mangé les jours précédents, le CRIF nous emmène au restaurant déguster une nouvelle fois les merveilles culinaires israéliennes. Une soirée en forme d’adieux, déjà, en témoigne le discours de Jean, Madeleine et Constantin. Un discours de remerciements qui résume bien la gratitude générale envers les organisateurs du voyage. Une soirée arrosée, à l’eau pour certain(e), au vin et à la vodka pour les autres (dont une moitié des responsables de ce blog). La soirée finira tard et pourtant la journée du lendemain commencera tôt, puisque les réveils téléphoniques de l’administration retentiront avec leur bruit de casserole habituel, vers les 6h45 … bonne nuit à tous !!!!
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Dimanche 26 février 2006
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20:23
Nous voici dans la ville de l’Annonciation : tout d’abord pour un repas copieux, comme nous avons pris l’habitude d’en prendre (le retour aux sandwichs et Tupperware parisiens s’annonce difficile …) puis pour une rencontre avec le Père Emile Shoufani, artisan de paix comme on n’en fait trop peu dans cette région du globe. Un discours de communion entre les peuples qui fait plaisir à entendre après une douzaine de conférences dont la tonalité générale ne trahissait pas un optimisme démesuré. Pour lui, « le choc des civilisations, c’est du bla-bla qui n’aboutit à rien ». Seul compte un dialogue rationnel et mesuré dans une communion laïque ou transreligieuse au travers, par exemple, d’un voyage qu’il a organisé à Auschwitz il y a 3 ans, avec des représentants de toutes les communautés religieuses du pays.
Ensuite avant de prendre le bus pour rejoindre Haïfa et la côte, petite visite de la Basilique de l’Annonciation de Nazareth, située en plein centre-ville : ce n’est pas difficile de la localiser, suivez les marchands de trucs à touristes ! Une Eglise moderne, entourée d’icônes offertes par de nombreux pays (on cherche toujours celle de la France …), une modernité qui surprend pour un haut lieu du Nouveau Testament.
Par lequipe
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Dimanche 26 février 2006
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20:19
Départ du Kibboutz pour le plateau du Golan. Au passage, détour par un village Druze. Contrairement à l’idée que nous pouvions nous en faire, il ne s’agit pas de ces villages artisanaux et auto-centrés conservés par la tradition mais d’une espèce de bidonville, qui semble tout juste rescapée d’un bombardement tel Sarajevo en 1992. La moitié de la ville est en construction et l’autre moitié mériterait de l’être … Les villageois traditionnels promis se font rares et sont remplacés par des commerçants matinaux en ce jour de Sabbat. Résultat : pour une fois il y avait plus de monde au bus avant l’heure fixée du départ, que normalement,10 minutes après celle-ci, véritable exploit.
Heureusement pour sauver la matinée de l’ennui, le plateau du Golan s’impose comme le plat de résistance de la journée. Des paysages grandioses, une situation géopolitique inextricable à souhait et quelques statues de soldats en armes sur un ancien bunker entouré de tranchées, il n’en faut pas plus pour émoustiller de futurs journalistes. Le Marantz est resté au bus, l’appareil photo en revanche est bien présent pour immortaliser tous les membres de la promo devant les montagnes enneigées.
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Vendredi 24 février 2006
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23:01
Finies les joies des hôtels de luxe, adieu Dan Panorama, au revoir charmes de l'Orient pensions-nous à la lecture du programme. Il faut dire que passer une soirée dans un kibboutz n'a rien d'engageant.
Un kibboutz pour le non initié, c'est plus qu'un mot qui rapporte le jackpot au Scrabble (surtout s'il compte triple). Il s'agit d'une ferme collective israélienne, un peu sur le modèle du kholkoze.
Et là surprise, un complexe luxueux, riche en bungalows colorés qui rappelent un peu le cadre du dernier opus des Bronzés. En plus la nourriture y est abondante, encore mieux qu'à Jérusalem. Il faut croire que la corne d'abondance a élu domicile en Israel et n'a rien eu d'autre à faire que de se loger dans notre bus!
Avant le repas (devrions nous dire repas, tant ils ressemblent de plus en plus à des banquets?), rencontre avec Yossi, un habitant du Kibboutz d'Hagoshrim. Les questions fusent, assez basiques, et révèlent notre faible connaissance de cette réalité israélienne, cependant en déclin. Les jeunes générations rechignent à suivre les traces de leurs glorieux ancêtres : les fils de Yossi sont chef au Club Med (une autre forme de Kibboutz?) et DJ... "C'était mieux avant!"
Et pour finir la soirée, un bon anniversaire à Aurélie et Violaine, respectivement 24 et 22 ans au compteur aujourd'hui! Mazel Tov!
Par lequipe
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Vendredi 24 février 2006
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22:50
Après des premiers jours riches en conférences d'universitaires éclairés, enfin des rencontres avec des "vraies gens", du terrain, pour compléter notre tour d'horizon de la société israélienne. Les adieux à Jérusalem expédiés entre un café trop chaud et un croissant vite avalé, nous prenons la direction d'Efrat, pas tellement un site touristique, mais une colonie juive qui fut la cible d'attentats ces dernières années. Il faut dire que la position des colons est difficile, entre un gouvernement qui pour eux les lâche, et des Palestiniens qui ne rêvent que de " récupérer leurs terres".
Ambiance tendue lors de la conférence matinale, organisée dans une synagogue. Il faut dire que l'arrivée du chef de la sécurité du lieu, la mitraillette sous le bras, n'avait pas vraiment contribué à détendre l'atmosphère. Pressés dans leurs derniers retranchements, les colons d'Efrat se font vindicatifs, et cherchent à défendre leur pré carré en toujours ramenant sur le tapis la crise des banlieues en France et la soit-disant insécurité pire qu'en Israel. Il faut dire que les milices sont "malheureusement" interdites dans notre pays, qui n'a pas non plus eu à construire des murs de béton le long des routes pour rassurer "psychologiquement" les automobilistes locaux d'une éventuelle roquette palestinienne...
Les interviews d'après conférence sont à proprement parler surréalistes. Les colons ne cachent pas leur attachement à l'extrème droite religieuse, refusent toute idée d'Etat palestinien et même d'aider financièrement leurs voisins déshérités. Une attitude qui n'a pas rencontré une franche adhésion parmi nous...
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Vendredi 24 février 2006
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22:31
Soirée de gala au Consulat pour de futurs journalistes? Pas du tout. Les jeans-baskets toujours au rendez-vous annoncent clairement la couleur. C'est bien de travail, de compréhension de l'inextricable conflit israelo-palestinien qu'il est question. Avec, une fois n'est pas coutume, des intervenants palestiniens.
Le costume cravate dernier cri et l'accent américain à couper au couteau trahissent une éducation pas si palestinienne que ça pour Gregory Khalil, lobbyiste à la NSU (Negociation Support Unit), principal collaborateur de l'Autorité Palestinienne en matière de négociations du processus de paix. Il nous propose néanmoins une présentation Power Point claire et précise, cartes à l'appui, de l'argumentaire palestinien contre l'édification de la barrière de sécurité et des derniers développements du processus de paix (comme le désengagement unilatéral de la bande de Gaza).
Seul le fromage et le vin rouge en apéritif rappelaient notre retour (fort temporaire) sur la terre de France avant une dernière soirée à Jérusalem...
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